Fractures articulaires complexes de l’extrémité distale de l’humérus chez le sujet âgé en Guadeloupe
La prise en charge des fractures articulaires complexes de l’extrémité distale de l’humérus (FEDH) chez le sujet âgé demeure, malgré les progrès thérapeutiques, un des grands challenges de la chirurgie traumatologique.
Ces fractures relativement rares ont une incidence qui ne cesse d’augmenter.
Une étude multicentrique collige deux cent trente-huit dossiers : 205 pour la série rétrospective, 33 pour la série prospective (recul minimum de six mois).
Les critères d’analyse des patients regroupaient les suivants :
- l’âge,
- le sexe,
- l’état général (selon score ASA),
- le statut fonctionnel (selon score de Katz et lieu de vie),
- le statut osseux (ostéoporose par score OST, radio/ostéodensitométrie).
Les critères d’analyse du traitement regroupaient les suivants :
- les techniques thérapeutiques,
- les complications précoces et tardives.
Les résultats ont été évalués
- cliniquement selon
le Mayo Elbow Performance Score (MEPS) (Morrey) et
le Quick Disability of the Arm-Shoulder-Hand (DASH), et
- radiographiquement
par les critères habituels de consolidation, de réduction et d’évolution arthrosique secondaire (selon Bröberg-Morrey) pour les ostéosynthèses et le positionnement, les complications mécaniques des implants et l’étude du scellement pour les arthroplasties.
On retrouve une grande majorité de femmes (plus de 80 %), en bon état général selon la cotation ASA (plus de 70 % ASA 1–2), autonome et vivant à domicile dans plus de 80 % des cas.
Le traitement est dominé par les ostéosynthèses (172 patients), contre 44 prothèses totales de coude (PTC) représentées en majorité par les prothèses de Coonrad-Morrey.
Les patients ayant bénéficié d’une ostéosynthèse sont moins âgés (moy. 77 ans) que ceux opérés par prothèse (moy. 81 ans).
Le recul moyen de révision était de deux ans huit mois.
Les ostéosynthèses ont donné 77 % d’excellents et bons résultats ; le taux de complications était de 20 % dont 13 % de réintervention.
Les arthroplasties ont donné 83 % d’excellents et bons résultats ; le taux de complications était de 14 % dont 6 % de réintervention.
S’il semble exister un léger avantage pour les PTC avec un score moyen de la Mayo Clinic de 84 points et de 95 points pour les études rétrospective et prospective versus 77 points et 75 points pour les ostéosynthèses, l’étude statistique ne permet pas de conclure de façon formelle.
Les indications doivent être basées sur le statut fonctionnel du patient et non sur le seul âge chronologique, ainsi que sur le degré de comminution, au mieux évalué par examen tomodensitométrique.
Schématiquement,
- l’ostéosynthèse reste de règle en première intention chez le patient au statut fonctionnel indépendant avec l’objectif d’un montage stable ;
- à l’inverse, l’arthroplastie semble indiquée chez les patients dépendants ( ?) ou fragilisés par des facteurs de comorbidité ou lors d’une reconstruction techniquement non fiable de par l’état osseux et/ou le degré de comminution.
La notion de reconstruction non fiable ne devrait pas faire (en principe) intervenir l’expérience ou l’habileté de l’équipe chirurgicale, bien que l’ostéosynthèse de ce type de fracture nécessite une expérience sans doute encore bien supérieure en nombre de cas et technique opératoire que la prothèse, intervention déjà en elle-même délicate et à haut risque septique même en début de programme et en service sectorisé (casaques dédiées, salle dédiée…).
Tags: Arthroplastie, Fracture humérale distale, Ostéoporose, Ostéosynthèse, Sujet âgé, Tomodensitométrie
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